Mardi 16 septembre 2008
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Communiqué de Presse
Le 5 août dernier, en Guyane, un ressortissant Haïtien, monsieur F. D arrivé en 2002, subissait un contrôle d’identité inopiné et
était emmené immédiatement au centre de rétention administratif pour être renvoyé le lendemain en Haïti ; Il n’avait pas revu sa famille. Apprenant la nouvelle de son expulsion, sa femme, sous le coup du choc émotionnel,
décédait peu après en laissant 6 enfants mineurs dans des conditions difficiles.
C’est au tour de la Préfecture de la Guadeloupe de s’illustrer dans cette pratique imaginée par l’attelage SARKOZY-HORTEFEUX .
En effet, avec une précipitation que rien ne justifie, la gendarmerie à Sainte Rose a procédé à l’arrestation sans ménagement d’un autre
frère haïtien avec son enfant âgé de 5 ans dans la matinée du lundi 1er septembre ; emmené au centre de rétention, ils étaient expulsés et mis dans l’avion de 17 heures vers Haïti dont les
conditions de vie se sont aggravées par les deux cyclones qui, en l’espace de 15 jours, ont frappé cruellement ce pays et tuant officiellement plus de cent personnes
Peut-on rester de glace devant ces agissements des autorités qui créent des situations inhumaines, dramatiques à plus d’un titre, et qui
ne semblent pas s’émouvoir, le moins du monde de la détresse humaine ?. Liigue des Drroiitts de ll’’Homme,, 1 rrue Brriissac 97110 Poiintte--à--Piittrre
L’application des lois, justifie-t-elle la négation de la dignité humaine. ?
La politique aveugle d’expulsion mise en oeuvre par la Préfecture, basée sur un détournement procédural qui consiste en l’utilisation des
réquisitions de contrôle d’identité par le Procureur, pour basculer sans poursuites pénales, sur des procédures d’expulsion, en l’absence d’infractions recherchées et constatées, porte
INCONTESTABLEMENT atteinte à la liberté individuelle et aux droits de l’homme.
En effet, l’expulsion de monsieur D par les autorités, sans que celles-ci se soient
demandées si les conditions déplorables actuelles que connaît Haïti, ravagé par trois cyclones, ne soumettaient par cette personne et son
enfant de 5 ans à des traitements inhumains et dégradants d’une part et si, d’autre part, elles ne les plaçaient pas dans une situation d’insécurité caractérisée.
Pour sa part, la L.D.H partage l’émotion énorme qui s’est emparée des guadeloupéens à l’annonce de cette décision
inique.
Elle condamne avec la plus grande fermeté, le détournement
de procédure par la Préfecture pour assurer l’efficacité de sa politique d’expulsion dirigée principalement à l’encontre des seuls haïtiens ;
Demande officiellement au Préfet d’envisager une pause dans la mise en oeuvre de ces expulsions.
Sollicite en urgence de Monsieur le Préfet, une audience pour lui communiquer les informations qu’elle possède sur les traitements réservés aux plus faibles d’entre nous par les
fonctionnaires préfectoraux.
Ligue des Droits de l’Homme Section
Guadeloupe
Président, Maître Fred HERMANTIN
Vice Président, Maître Hubert JABOT